Festival L’Europe autour de l’Europe

du 16 mars au 15 avril 2015
les films et les invités polonais

C’est la dixième édition du festival L’Europe autour de l’Europe. Le Festival est à ses débuts, en 2006, en Normandie, une revue de douze films. Il est né de la passion du cinéma et du désir de rapprocher « la périphérie de l’Europe », cet « autour » dont l’Europe du centre se méfie un peu, de l’Europe officielle. Je crois que l’audace de la fondation du festival m’est venue de l’admiration de l’oeuvre et de la personnalité de Henri Langlois, après la lecture de sa phrase « présenter à tout le monde les films merveilleux que personne n’a vu ». L’initiative est familiale, soutenue par l’énergie bénévole de quelques amis cinéastes et linguistes et les premiers supports financiers, significatifs car premiers, du Conseil général de l’Eure et de la Région de la Haute Normandie… Michel Ciment inaugure la première édition. Il présente Trois, de Aleksandar Petrovic au cinéma Zénith à Evreux. Un ami, Jacques Fontenay, le créateur de costumes de Barbarella est dans la salle. Nos commencements furent romantiques et la façon artisanale, comme on le dit justement en français, pour qualifier ce qui est fait avec amour pour le métier et comprend, bien entendu, un savoir faire… Que cela continue et que nous gardions la même émotion.

Dix ans plus tard le festival présente 135 films dans vingt cinémas et autres lieux d’exception à Paris, en Ile de France et en Normandie. Nous sommes heureux d’annoncer la présence de Vicente Aranda, Kine Aune, Peter Fleischmann, Agnieszka Holland, Karoly Makk, Hans-Jürgen Syberberg, Istvan Szabo, Krzysztof Zanussi. THEMA, Corps et âmes, la section de l’Eros et de l’histoire monumentale appartient aux maîtres.

En 2015 nous rendons hommage au cinéma autrichien. Il a beaucoup de mérite. Depuis le début du siècle dernier l’activité cinématographique est vive à Vienne. D’abord avec les premiers films érotiques et de propagande, puis avec l’expressionnisme de Robert Wiene et Michael Curtiz. Sans parler de ceux qui ont crée Hollywood. Nous saluons le courage, le talent et la noblesse des chef’s d’ouvres de Michael Glawogger, réalisateur tragiquement disparu en 2014 lors d’un tournage en Afrique. Comme personne, il a su affronter les affres des tiers mondes en devenir, les nouvelles questions posées par la globalisation, le combat des êtres pour la survie matérielle et spirituelle. La Ville sans Juifs de Hans Karl Breslauer est une satire accablante.

Le film d’ouverture Sayat Nova (La Couleur de la Grenade) de Sergueï Paradjanov, dans sa version restaurée, annonce notre collaboration avec Golden Apricot, le festival de Erevan qui présente la rétrospective de Harutyan Khachatryan, et nous fait participer dans les commémorations de tragiques évènements de 1915 en Arménie.

La Compétition pour Le Prix sauvage (le loup dansant) et le Prix Luna présentera 9 films inédits en France et les cinéastes venus d’Allemagne, Arménie, Autriche, Belgique, Norvège 2X, Suisse, Turquie et Ukraine.

Dans PRESENT les cinéastes danois regardent, commentent et interprètent le monde sans inhibition ni manière. Ils sont devenus incontournables. La Meute choisit les films de jeunes cinéastes qui optent pour la radicalité de l’approche.

Terres Inuit, Le Point de Non-Retour de Patrick Morell, un hommage à l’oeuvre de Jean Malaurie sur les peuples arctiques, ouvre la section Vie sauvage.

Je relis le catalogue et me dis que tous ces magnifiques films sont des cris, beaux et désespérés, contre la guerre. Et je me souvient qu’une guerre a lieu en Europe aujourd’hui, maintenant. Et ailleurs aussi. Comment est-ce possible? Qu’avons nous appris, alors ?

Belles projections et rencontres,

Irena Bilic

Fondatrice et Déléguée générale

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