Ailleurs est aujourd’hui

du 29 juin au 19 septembre 2016

L’oeuvre de Krzysztof Siwczyk, né en 1977, rappelle le travail de l’architecte, mais sur un mode paradoxal, un édifice qui ne s’expose pas comme construction achevée. Cette poétique repose d’une part sur l’exploitation des items les plus simples de la langue, les plus prosaïques, d’autre part sur une utilisation des concepts logico-philosophiques visant à la démythification de nos propres récits et croyances, de nos représentations culturelles.

L’architecture de l’œuvre se propose comme une dé-création ayant pour objectif d’inventer des espaces - temps suspendus dans une sorte de « partout » évoquant dans leur aspect désertifié, désolé, angoissant, des lieux et des époques qui ont réellement existé ou bien existent (lieux concentrationnaires, hôpitaux, monastères, prisons, villes modernes...) des expériences vécues, voire des réminiscences historiques, représentations plus ou moins conscientes de la mémoire collective, aussi bien que de nouveaux espaces. L’invention d’un langage poétique, au moyen d’images d’un monde de béton, métal, grilles, murs, tunnels, ponts... mêlées à des souvenirs intérieurs, culturels, historiques, participe d’un travail poético-anthropologique de création d’un nouveau territoire de l’homme, au sein duquel on observe la culture évoluer dans ses avancées, ses retraits, détours, impasses et recherches d’issues. Y est interrogée la notion de sujet, à travers ses métamorphoses de recueil en recueil, devenant par là-même métaphore du 'suspens', du 'transitoire' pour atteindre, après l’expérience de la dé-subjectivisation, une forme nouvelle de subjectivité, d’être dans son humanité.

Ce procédé de construction/déconstruction du sujet, de l’espace - temps, sous la forme de territoires changeants, non identifiables, aboutit à une structure complexe, une matrice de modèles de vie au sein d’une langue qui n’est réductible ni à l’image, ni à la narration, ni à la théorie. Cependant l’imaginaire traditionnel pour évoquer les grands thèmes éternels de l’amour, la mort, la nature, l’âme coexiste avec l’expérimentation et l’œuvre poétique résulte de cette tentative d’aboutir à l’unité sans donner la prééminence à un monde ou à un autre, à une forme de vie sur une autre.

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