Walerian Borowczyk au Centre Pompidou

du 24 février au 19 mars 2017
la première rétrospective française au grand cinéaste plasticien
Centre Pompidou

Du 24 février au 19 mars, le Centre Pompidou consacre la première rétrospective française

au grand cinéaste plasticien, Walerian Borowczyk, disparu en 2006. Une invitation à découvrir l’oeuvre singulière du réalisateur d’origine polonaise, du surréalisme à l’érotisme en passant par le cinéma d’animation. Au programme, 11 longs métrages (Goto, L’île d’amour ; Contes immoraux ; La Bête…) et 26 courts métrages projetés en présence de nombreux spécialistes de cet artiste hors du commun.

André Breton le disait doué d’une «imagination fulgurante». Peintre, sculpteur et cinéaste,

Walerian Borowczyk a passé un demi-siècle à faire se rejoindre les arts plastiques et le cinéma. Caméraman, décorateur de plateau, accessoiriste, créateur de costumes, affichiste,

il se définissait avec humour comme « artisan alchimiste ». Né en Pologne en 1923, il pratique la peinture avant de devenir affichiste, puis allie fantaisie et expérimentation dans une première série de films animés (Il était une fois, Le Sentiment récompensé, Dom…). Dans les années 1950, Borowczyk et le réalisateur polonais Jan Lenica, tous deux admirateurs notamment de Méliès et de Fernand Léger, invitent à voir le cinéma d’une nouvelle façon, rappelant que l’animation n’est pas réservée aux enfants.

Borowczyk s’installe à Paris en 1958. Après une brève collaboration avec Chris Marker (Les

Astronautes), il rejoint l’équipe des Cinéastes associés (le plus grand studio d’animation français), où il réalise des films publicitaires et courts métrages d’animation, inventifs et poétiques. Il y signe notamment Renaissance (1963) et Les Jeux des Anges (1964) qui jouent sur la dimension cinématographique du collage et de la peinture. Borowczyk ne fait pas la distinction entre ces deux genres : « Un film, c’est une succession de 24 images par seconde, c’est de l’animation, si vous voulez¡». Il ne cesse d’expérimenter la jonction entre les deux pratiques, comme dans Rosalie (1966), sa troublante adaptation de la nouvelle de Maupassant. Son premier long métrage d’animation achevé, Théâtre de Monsieur et Madame Kabal (1967), un tour de force, Borowczyk réalise son premier long métrage en prise de vues réelles, le remarquable Goto, l’île d’amour (1968).

Borowczyk cadre l’action d’une façon très singulière, donnant autant d’importance aux objets

qu’aux êtres et aux personnages. Cette caractéristique s’accentue dans les années 1970 lorsqu’il bénéficie de l’assouplissement de la censure pour explorer la sexualité. Inspirés en partie par l’auteur surréaliste André Pieyre de Mandiargues, des films comme Contes immoraux (1974) et La Marge (1976) s’intéressent aux rituels entourant les actes sexuels et la façon dont ils transgressent les normes sociales et culturelles, laissant toujours la part belle à l’expression des sentiments féminins, si réprimés soient-ils. Farce surréaliste, La Bête (1975) met en avant l’aspect comique et décalé du cinéma de Borowczyk. Des gags visuels du Dictionnaire de Joachim (1965) à l’humour paillard d’Intérieur d’un couvent (1977), on oublie souvent que le cinéaste est plein de drôlerie. Si, à la fin de sa carrière,

il réalise des films « de genre», il en détourne les conventions pour arriver à ses fins, notamment dans l’outrageant Cas étrange du Dr Jekyll et Miss Osbourne (1981). La restauration récente de la plupart de ses films permet enfin la (re)découverte de son oeuvre cinématographique, ces visions uniques, surréalistes du monde à travers les objets et les corps.

Daniel Bird, auteur du livre Walerian Borowczyk, édité à l’occasion de cette rétrospective

Centre Pompidou

75191 Paris cedex 04
centrepompidou.fr

Horaires:

Ouvert de 11h à 21h tous les jours,

sauf le mardi

Tarifs des cinémas:

6 €, 4 € tarif tarif réduit, le Libre Pass de la Cinémathèque française et adhérents de l’AFCA, gratuit avec le Laissez-passer du Centre Pompidou

Table ronde en entrée libre

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