Irena Sendlerowa. Juste parmi les nations

du 20 février au 31 mai 2017

Au péril de sa vie, cette jeune Polonaise a sauvé près de 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie. Les plus petits sont cachés dans des sacs, sous des civières d’ambulance ou sous des ordures, les plus grands s’échappent par les canalisations.

« Il flottait une odeur d’encens et de cire dans la pièce. Derrière sœur Getter, un christ crucifié semblait attentif.

— Irena… Ce que vous me demandez là est incroyablement dangereux, car il ne s’agit pas uniquement de ma personne. Si la police découvrait que nous hébergeons des juifs, les conséquences seraient tragiques pour le couvent.

— Je comprends ma sœur, mais dans le cas de la petite Ania, qui pourrait savoir qu’elle est juive sinon vous et moi ? Elle…

— Bien entendu, interrompit la religieuse, mais en cas de contrôle, on me réclamera son acte de baptême et si demain vous récidiviez avec un enfant plus âgé, cet enfant s’exprimerait sans doute en yiddish. Ce ne serait plus seulement vous et moi qui connaîtrions ses origines, mais l’enfant lui-même ! Comment lui demander de se taire ? De ne pas se trahir ! Vous imaginez…

Irena hocha la tête. Que répondre ? »

À partir de 1942, au péril de sa vie, Irena Sendlerowa, employée au Comité d’Aide sociale de Varsovie, réussit à faire évader près de deux mille cinq cents enfants du ghetto juif, alors gardé jour et nuit par les soldats nazis. Rusant auprès des autorités, elle les fait passer par les caves ou par les canalisations, dans des boîtes en carton, des valises, des sacs à dos, des taies d’oreiller, sous des ordures et même, une nuit, dans une boîte à outils.

Irena Sendlerowa (1910-2008), résistante polonaise, a été déclarée « Juste parmi les nations » en 1965.

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