Journée nationale du souvenir des "soldats maudits"

du 1 mars au 7 mars 2018

L'Armia Krajowa (Armée de l'Intérieur, simplement surnommée AK) – le plus important mouvement de résistance polonaise durant la Seconde Guerre mondiale – a été officiellement dissoute le 19 janvier 1945 afin de prévenir tout glissement vers un conflit armé avec l'Armée rouge devant la menace croissante d'une guerre civile dont l'enjeu serait la souveraineté de la Pologne. Cependant, beaucoup d'unités décidèrent de poursuivre la lutte dans ce nouveau contexte, considérant les forces soviétiques comme un nouvel occupant.

Żołnierze wyklęci - les "soldats maudits" (certains historiens trouvent que les dénominations "proscrits", "reprouvés" sont mieux appropriées) est le nom attribué à certains mouvements de résistance polonaise qui se formèrent vers la fin de la Seconde Guerre mondiale et après. Créés par des membres de l'État polonais clandestin, ces organisations clandestines continuèrent leur lutte armée contre le gouvernement stalinien de Pologne dans les années cinquante. Les actes de guérilla incluaient un déploiement d'attaques militaires lancées contre les nouvelles prisons communistes ainsi que contre les bureaux du MBP, le Ministère de la Sécurité intérieure polonais, les lieux de détention pour prisonniers politiques et les camps de concentration disséminés à travers le pays.

La plupart des groupes anti-communistes polonais cessèrent d'exister à la fin des années quarante ou dans les années cinquante, pourchassés par les brigades d'assassins des services du MBP et du NKVD. Cependant, le dernier "soldat maudit" connu, Józef Franczak, fut tué dans une embuscade en 1963 seulement, soit presque vingt ans après la mainmise des soviétiques sur la Pologne.

La persécution des membres de l'AK ne constituait qu'une partie de la pression produite par le stalinisme dans la Pologne d'après-guerre. Dans la période de 1944-56, environ 300 000 Polonais, voire jusqu'à deux millions de Polonais, d'après différentes sources, ont été arrêtés. Il y eut 6 000 condamnations à mort annoncées, et la majorité d'entre elles furent exécutées. On évalue à plus de 20 000 personnes le nombre de ceux qui moururent dans des prisons communistes, en comptant ceux qui furent exécutés "au nom de la loi" tels que Witold Pilecki, un héros d'Auschwitz, déporté volontaire dans ce camp avec le projet d’y créer une cellule de résistance.

Les familles des prisonniers n’étaient pas informées de l’endroit ou leurs proches sont enterrées, le gouvernement communiste voulait à tout prix effacer l’existence des soldats luttant contre le nouveau régime. Depuis quelques années l’IPN (l’Institut de la mémoire nationale) se consacre à la recherche des dépouilles avec pour objectif d’organiser des cérémonies funéraires.

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