L’art d’écosser les haricots

dimanche, 18 mars 2018 à 17h30
Lecture du chef-d'oeuvre de la littérature polonaise au Salon du livre de Paris
Porte de Versailles

L’art d’écosser les haricots

lecture du roman de Wiesław Myśliwski

traduit par Margot Carlier

interprétation : Gabrielle Forest

dramaturgie, mise en espace : Mariola Odzimkowska

Pourquoi Wiesław Myśliwski ? Pourquoi L'Art d'écosser les haricots ?

L'oeuvre littéraire de Wiesław Myśliwski (né en 1932), grande figure des lettres polonaises, auteur de romans et de pièces de théâtre, lauréat de nombreux prix littéraires en Pologne et à l'étranger, traduit dans de nombreux pays, reste curieusement inconnu en France.

Wiesław Myśliwski s'inspire de la réalité polonaise en amenant le lecteur dans une dimension philosophique et anthropologique. Ses romans traitent de la place de l'homme dans l'univers et des questions qu'il se pose. Myśliwski s'inspire de l'âme de la parole afin de créer une littérature unique, une littérature de la parole vive. Son écriture ne possède pas de vérités toutes prêtes, elle suggère et entre naturellement en dialogue avec le lecteur. Elle est profondément humaine et humaniste. "L'homme, selon Myśliwski, est fait de mémoire et d’imagination. Le monde est langage" comme le souligne Margot Carlier, la traductrice de son oeuvre en français.

L'univers littéraire de Myśliwski se présente comme un terrain de découverte passionnant où les graines des haricots s'écossent telles les pensées et les fragments de la vie. "L'Art d'écosser les haricots" est écrit sous forme de monologue-dialogue. Le narrateur se questionne lui-même et s'adresse à un interlocuteur invisible dont l'identité ne sera pas identifiée et laissée au lecteur. Le narrateur, gardien d'un village de vacances en Pologne, fait le bilan de sa vie et se pose la question de savoir à quel point il a influencé son propre destin, ou dans quelle mesure, ce sont les impasses de la vie qui l'ont formé. Une grande curiosité et une lucidité face au monde se manifestent dans la parole de celui qui a été témoin des impasses historiques en Pologne. Sa parole pourrait être celle d'autres gardiens qui existent dans d'autres zones géographiques.

"Vous n'êtes peut-être pas de mon avis mais, pour moi, la mémoire est telle la lumière d'une étoile depuis longtemps éteinte qui vient vers nous. Ou bien celle d'une lampe à pétrole tout simplement. Le problème, c'est qu'elle ne parvient pas toujours jusqu'à nous de notre vivant. Tout dépend de la distance qu'elle a déjà parcourue et de la distance qui nous en sépare. Car ces deux longueurs ne sont pas équivalentes. Et si tout n'était que mémoire ? Tout ce monde, depuis qu'il existe ? Et nous deux ici, et mes chiens ? La mémoire de qui ? Ah, si je le savais".

"Essayez d'aller au fond de vous-même et, dan la mesure du possible, d'effleurer le monde avec votre toute première pensée, celle que rien encore n'a eu le temps de contaminer. Nous vivons dans le récit. Le monde n'est qu'un récit. C'est pourquoi il nous est de plus en plus difficile de vivre. Au fond, ce sont peut-être les rêves qui nous représentent. Peut-être il n'y a-t-il plus que les rêves qui nous appartiennent encore ?"

Nous vous invitons à une rencontre avec le roman de Wiesław Myśliwski dans lequel la frontière entre le rêve et le réel s’efface...

où les perceptions de l’autre se multiplient, où les morts sont inévitablement présents

parmi les vivants, où la mémoire du passé influence l'action présente. Comme des leitmotivs réapparaissent : rencontre, retour, solitude, souvenirs d'enfance, rêves, relations humaines, homme en tant qu'élément de l'univers, mémoire individuelle et collective.

L'Art d'écosser les haricots fut une réussite littéraire en Pologne et valut au roman de Wiesław Myśliwski le prix Nike en 2006 (la plus importante récompense littéraire de son pays). En 2011 le livre reçut le Grand Prix Littéraire de Saint-Emilion Pomerol Fronsac dans la catégorie du roman étranger. C'est son premier roman traduit en français. La publication du deuxième roman "La dernière Partie" traduit par Margot Carlier et publié par Actes Sud a eu lieu en automne 2016.

Porte de Versailles

Pavillon 1
Boulevard Victor, Paris 15ème

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