Essai sur la diplomatie

du 10 mars au 30 juin 2011

L’Essai sur la diplomatie a été écrit dans un français somptueux en 1827 par le prince Adam Czartoryski, qui allait devenir la figure politique centrale de la Grande Émigration polonaise de 1830. En digne fils des Lumières, mais également sous l’influence d’idées romantiques nouvelles, il s’applique à y établir « la règle universelle de la diplomatie ». Car jusqu’à présent, nous dit l’auteur, « la politique proprement dite, celle qui fixe les relations des États, a été, en général, l’ennemie acharnée du genre humain et la cause principale de ses malheurs ». Et c’est pourquoi il promeut l’idée du caractère universel de la justice et de la morale, qui ne reposent pas sur un raisonnement mais sur un consensus universel.

Ce que l’Essai sur la diplomatie a apporté de nouveau dans la réflexion autour des relations internationales : tout d’abord la thèse que le droit naturel doit être la base de la diplomatie, qu’il doit présider aux relations entre les peuples comme entre les hommes.

Deuxièmement, l’auteur avance le concept de « fédérations régionales » susceptibles de renforcer la sécurité générale. Troisièmement, il milite pour la transparence de la diplomatie, pour l’arbitrage et la médiation, et ce sont les idées que le président Wilson rassemblera en programme de réforme de l’ordre international près de cent ans plus tard. Quatrièmement, Czartoryski émet l’idée de garanties collectives des frontières des États, ce que l’on retrouvera précisément dans le Protocole de Genève, le Pacte Briand-Kellog, la Charte des Nations Unies ou l’acte final de la Conférence pour la sécurité et la coopération en Europe.

Czartoryski fut un pionnier, l’un de ces visionnaires dont les travaux nous sont précieux pour penser un idéal de société universelle, non pas figée, mais conçue comme un organisme vivant.

Un texte fondamental dans l’histoire des idées politiques.

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