Le Labyrinthe au bord de la mer

vendredi, 14 octobre 2011

Le Labyrinthe au bord de la mer rassemble sept essais sur la Crète, la Grèce, l’Étrurie et la Rome

antiques. Ce qui frappe d’abord, à la lecture de ces récits de voyage, c’est l’extraordinaire humilité de

l’auteur par rapport à son objet. Ce qu’Herbert déteste le plus dans la culture contemporaine, c’est

l’arrogance avec laquelle elle croit pouvoir se passer de modèles (esthétiques ou moraux). Tout au

contraire, Herbert ne craint jamais de se confronter aux plus grands chefs-d’oeuvre du passé « qui

bouleversent nos arrogantes certitudes ». S’il livre, de manière très vivante, son témoignage propre

(n’hésitant pas à écarter les oeuvres qui ne le touchent pas personnellement), il ne vise aucunement

l’originalité dans le choix des oeuvres qu’il décrit (tout un chapitre est consacré à l’Acropole).

Herbert fait preuve de la même humilité par rapport à la science historique dont il fait un très grand usage,

même s’il en retrace les errements. Tenter de comprendre la civilisation minoenne, c’est aussi retracer

l’histoire d’Evans, l’archéologue à qui l’on doit sa redécouverte.

Chacun des essais pose la question de la trace que laissent les civilisations, de leurs disparitions et de

leurs redécouvertes, mais aussi de la vision qu’en ont les hommes du présent. Avec toujours cette hantise

qui lui est propre, et qui provoque son émotion lorsqu’il découvre la muraille d’Hadrien en Angleterre :

où peut-on situer la frontière entre humanisme et barbarie ?

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