Les maîtres polonais à Cannes

du 7 décembre au 13 décembre 2011
Festival Kinopolska 2011
Cinéma le Reflet Médicis

Dans le cadre de cette sélection, nous souhaitons faire découvrir des films sélectionnés et primés à Cannes mais qui ne figurent pas parmi les « classiques » du cinéma polonais. L’idée est de faire découvrir et voir émerger une émulation autour d’œuvres majeures, réalisées par les plus grands réalisateurs polonais, mais qui demeurent pour la plupart encore méconnues du grand public.

Est-Ouest. Le Festival de Cannes, plus qu’aucune autre manifestation cinématographique, possède une vertu singulière, celle d’être et d’avoir été une terre d’accueil pour le cinéma européen et, en particulier, pour l’art cinématographique polonais. Des années 1960 à la fin des années 1980, présenter un film sur la Croisette, représente d’abord un honneur et une chance unique d’apporter à l’Ouest une connaissance du contexte social, économique, politique et existentiel de la Pologne "populaire". En somme, opérer des rapprochements inédits et inattendus et tenter de combler les écarts et les stéréotypes qui séparaient les deux parties de l’Europe. L’un des films ayant fait l’effet d’un "choc" est Tu ne tueras point de Krzysztof Kieślowski en 1988. Concentrant la thématique de la peine de mort, la description des rapports interpersonnels et l’analyse de l’atmosphère du monde judiciaire, ce plaidoyer a – comme d’autres films de cette qualité – ouvert un débat fécond sur la société polonaise à une période charnière de son histoire. Cannes est un interstice où s’opèrent des liaisons inédites entre l’est et l’ouest, entre les cinéastes et la critique, et entre l’art et la société.

Départ-Retour. Le Festival de Cannes joue ensuite le rôle de tremplin géographique et artistique pour de nombreux cinéastes qui, face aux autorités administratives dans leur pays jugeant leur démarche inadaptée au régime, ont été contraints de partir en France, en Belgique, en Angleterre ou encore aux Etats-Unis. En somme, trouver refuge dans un pays propice à la création, en attendant de revenir sur la terre des ancêtres. Jerzy Skolimowski, tout comme Roman Polanski, Krzysztof Zanussi et de nombreux autres cinéastes polonais, fait partie de ces cinéastes "décentrés" dont la carrière, reconnue dès la sélection de Walkover à Cannes en 1965, a suivi une trajectoire subordonnée successivement tantôt au départ forcé, tantôt au retour aux origines. Cette trajectoire trouve bientôt une résonance dans les films eux-mêmes. Le Locataire, que Roman Polanski présente à Cannes en 1976, baigne un quartier parisien dans une étrange ambiance kantorienne. L’art semble lui-même (re)définir ses propres frontières.

Liberté-Censure. Faire partie d’une sélection cannoise signifie enfin présenter des films qui, sans cette occasion exceptionnelle, seraient certainement tombés dans les oubliettes de l’histoire du cinéma, comme tant d’autres films censurés qui ne trouvèrent jamais de vie à l’écran. Ce cas de figure est celui de trois films présentés à Kinopolska : Haut les mains de Jerzy Skolimowski – qui fut tourné en 1967 mais montré pour la première fois en 1981, La Clepsydre de Wojciech J. Has (1973) – dont le scénario est resté dans les tiroirs de la commission de censure pendant près de quinze ans – et Sur un globe d’argent d'Andrzej Żuławski (1988) – dont le tournage fut brusquement stoppé, les rushs détruits, et la production finalement achevée près de douze ans après le tournage initial.

Cinéma le Reflet Médicis

3, rue Champollion - Paris

Tarifs :

Normal : 6,5 € / Tarif réduit : 5 €

Kinopass illimité : 20 € (entrée libre à toutes les séances)

Tarif préférentiel pour les séances scolaires et centres d’animation : 3 €

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