Jan Karski (Mon nom est une fiction)

du 8 février au 19 février 2012
spectacle d'Arthur Nauzyciel d’après le roman de Yannick Haenel
Les Gémeaux / Scène Nationale

APRÈS AVOIR OUVERT LE FESTIVAL D'AVIGNON, LE SPECTACLE ACHÈVE SA TOURNÉE 2011/2012 AVEC UNE SÉRIE DE DIX REPRÉSENTATIONS EXCEPTIONNELLES AUX GÉMEAUX, SCÈNE NATIONALE DE SCEAUX, DU 8 AU 19 FÉVRIER

JAN KARSKI

(MON NOM EST UNE FICTION)

D’après le roman de Yannick HAENEL (Editions Gallimard, 2009)

Mise en scène et adaptation d'Arthur NAUZYCIEL

Création Festival d’Avignon 2011

Avec : Alexandra Gilbert, Laurent Poitrenaux, Arthur Nauzyciel et la voix de Marthe Keller Production : CDN Orléans / Loiret / Centre Coproduction : Festival d’Avignon, Les Gémeaux / Sceaux / Scène Nationale, CDDB-Théâtre de Lorient, CDN, Maison de la culture de Bourges / Scène Nationale, La Comédie de Reims, CDN, Festival Reims / Scènes d’Europe. Avec le soutien de la Région Centre, de l’Institut Polonais de Paris et de la Fondation d’entreprise Hermès dans le cadre de son programme New settings. Avec la participation de l’Institut Français. Avec l’aide du Théâtre TR Warszawa et de l’Ambassade de France en Pologne / Crédit Photographique : DR

Varsovie, 1942. La Pologne est dévastée par les nazis et les Soviétiques. Jan Karski est un messager de la Résistance polonaise auprès du gouvernement en exil à Londres. Il rencontre deux hommes qui le font entrer clandestinement dans le ghetto, afin qu’il dise aux Alliés ce qu’il a vu, et qu’il les prévienne que les Juifs d’Europe sont en train d’être exterminés. Jan Karski traverse l’Europe en guerre, alerte les Anglais, et rencontre le président Roosevelt en Amérique. (…) Ce livre, avec les moyens du documentaire, puis de la fiction, raconte la vie de cet aventurier qui fut aussi un Juste. Le livre de Yannick Haenel parle du silence de Karski pendant 40 ans, de l’organisation de la passivité des Alliés, de l’abandon de juifs d’Europe, et de l’unicité de l’extermination radicale de ce peuple. (…) Ce qui m’intéresse dans le livre d’Haenel, c’est comment cet homme, un des plus fascinants du 20e siècle, hanté et habité par son message et qu’il pense ne pas avoir été entendu, a vécu à l’intérieur de ce silence. Le théâtre est par essence lieu du mystère, de ce qui échappe, de l’évocation des morts, du revenant. Le théâtre me semble être aujourd’hui un lieu possible pour raconter cela, et témoigner de la complexité du Monde et des êtres, art paradoxal qui peut être à la fois le lieu du silence et lieu de l’écoute, où l’on peut raconter à la fois une parole, et la défaite de la parole. Un combat avec les mots, et l’échec même du mot. (…)

L’énigme Karski est passionnante, et le livre imaginé par Haenel pose de manière aiguë la question de la représentation. Non pas celle de l’extermination, mais celle d’un témoignage : quel équivalent théâtral trouver alors, pour rendre compte de ce roman, qui passe par le documentaire, la biographie, puis la fiction ? Pour tenter de rendre compte d’un homme, du message qui l’a hanté, et d’une vie hors du commun : un « personnage » qui meurt et ressuscite plusieurs fois, dans toutes les acceptations du terme, en plusieurs pays, un « personnage » multiple dont on se doute bien que la vérité n’est que la somme de toutes ces inventions : grand bourgeois polonais, catholique pratiquant, espion, diplomate, aventurier, professeur américain, citoyen d’honneur israélien, fait « Juste parmi les nations ». À travers lui, à travers la structure du roman de Haenel, ce spectacle témoigne à son tour d’une génération, celle qui se demande, alors que les survivants disparaissent, comme Celan : « Personne ne témoigne pour le témoin », sans ponctuation, ni question ni affirmation, une phrase ouverte, qui semble flotter et nous renvoie à nous même. Cette question aujourd’hui est fondamentale. Ma génération doit assumer la disparition des témoins et l’héritage des historiens, les témoignages, études et oeuvres, consacrées depuis un demi-siècle au judéocide. Qui va transmettre, quoi et comment ? Qu’est-ce que ma génération peut tenter, inventer, proposer ? Quelles formes artistiques peuvent naître de ce questionnement qui ne soient pas la reproduction de ce qui a été fait, ce qui équivaudrait à adopter un point de vue conventionnel voire absolutiste sur la Shoah et ses modes de représentations. (…)

Arthur Nauzyciel

Les Gémeaux / Scène Nationale

49, avenue Georges Clemenceau
92330 Sceaux
www.lesgemeaux.com

Grand Théâtre Tarif A

mer. 08 fév. 20h45.jeu. 09 fév. 20h45.ven. 10 fév. 20h45.sam. 11 fév. 20h45.dim. 12 fév. 17h00.mer. 15 fév. 20h45.jeu. 16 fév. 20h45.ven. 17 fév. 20h45.sam. 18 fév. 20h45.dim. 19 fév. 17h00.

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