Yvonne, princesse de Bourgogne

du 3 février au 16 février 2012
de Witold Gombrowicz
Théâtre de la Cité internationale

Yvonne, princesse de Bourgogne

Witold Gombrowicz

Guillaume Baillart, Mélanie Bourgeois

Par la violence de son amour, Yvonne la « mollichone » vient semer le désordre dans un spectacle qui, jusque-là, se déroulait parfaitement.

Yvonne, princesse de Bourgogne est une sorte de parodie de pièce classique, publiée en 1938. D’une certaine façon, la pièce anticipe sur ce qu’on appellera une décennie (et une guerre) plus tard, le théâtre de l’absurde - même si Gombrowicz se défendra de cette dénomination en parlant d’un théâtre d’idées. Parce que son intrigue est immédiatement une métaphore grotesque de nos existences ridicules. Dans une cour imaginaire, le prince décide d’épouser Yvonne, laide, amorphe, passive, quasi muette, en un mot une « mollichone ». Yvonne n’a donc l’air de rien, mais elle tombe profondément amoureuse du prince, et à cause de cet amour innocent qu’elle trimballe, à la cour comme sur la scène du théâtre, elle est un révélateur violent des turpitudes et des faiblesses de tout un chacun : la reine graphomane a soudain honte de ses poèmes, le roi de ses anciens péchés, la cour est prise de quintes de rires malsains. Il faut faire quelque chose pour que cessent la bêtise et le non-sens. Mais quoi ? Tuer Yvonne ?

Guillaume Baillart, Mélanie Bourgeois et l’association nÖjd, dont c’est ici le troisième spectacle, ont choisi d’opposer deux ordres des choses, un ordre vertical, une société de cour, réglée et ordonnée, qui se donne sans arrêt en spectacle et qui est au fond totalement immature, et un désordre horizontal, celui que répand autour d’elle sans le vouloir la placide Yvonne. La mise en scène est donc entièrement réglée par ce conflit, et ce à quoi assiste le spectateur c’est à la façon dont l’ordre du spectacle théâtral est comiquement miné par la puissance d’Yvonne : perruques, costumes, objets en tous genres dont un cochon taille réelle, avalement de la salle dans la scène, toute l’exubérance du monde ne suffira pas à recouvrir cette coquille vide, et pourtant irradiante, qu’est Yvonne.

Théâtre de la Cité internationale

17, bd Jourdan
750014 Paris
www.theatredelacite.com

du 3 au 16 février 2012

relâches les dimanches et mercredis sur la période

les jeudis à 19h et sinon les autres jours, à 20h

durée • 1h50

tarifs : 21/14/10 €

tarif préférentiel pour les AMIS DE L'INSTITUT POLONAIS: 14 € au lieu de 21 € (du 3 au 11 février)

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