JANUSZ KORCZAK : LA PAROLE EST AUX ENFANTS

du 3 mai au 15 juin 2013
Un documentaire de Dominique Prusak, à écouter en podcast

« JANUSZ KORCZAK : LA PAROLE EST AUX ENFANTS » (55 mn)

UN DOCUMENTAIRE DE DOMINIQUE PRUSAK

REALISE PAR ANNA SZMUC

Pour l’émission « SUR LES DOCKS »

ECOUTEZ EN LIGNE sur 3W.FRANCECULTURE.FR PODCAST

http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-champ-libre-11-«-janusz-korczak-la-parole-est-aux-enfants-»-2013-04-25

« Je me souviens, c’était à Varsovie avant la Seconde Guerre mondiale. J’étais une petite fille. J’écoutais beaucoup la radio. J’avais mes émissions préférées. L’une d’elles s’appelait les causeries du vieux docteur. On avait l’impression qu’il nous parlait à nous, personnellement. Il nous disait quels étaient nos droits, que nous étions aussi importants que nos parents. Un jour, maman m’a dit que ses causeries allaient se terminer parce que le vieux docteur était juif. Pour cette raison, de mauvaises personnes ne voulaient plus de lui à la radio. C’était des gens de droite. Je me rappelle avoir écrit une lettre sur laquelle j’avais dessiné des cœurs et des points d’exclamation. J’affirmais que je voulais écouter le vieux docteur qui était bon et intelligent. Ca a donné quelque chose. Les petits discours sont revenus pour un temps. Mais ensuite, Hitler a envahi la Pologne. Les mots drôles et la voix chaude du vieux docteur se sont tus pour toujours ».

Ainsi parle Halina Bortnowska, journaliste et intellectuelle polonaise rencontrée à Varsovie cet hiver. Elle se souvient encore clairement de Janusz Korczak dans la grosse TSF pendant son enfance. L’homme était très populaire à l’époque.

Janusz Korczak, de son vrai nom Henryk Goldszmit, naît en 1878 dans une famille juive libérale de Varsovie. Devenu adulte et véritable Polonais par l’esprit, celui que tout le monde appellera plus tard, « le vieux docteur », est médecin-pédiatre, éducateur et écrivain. Nous sommes dans les années 20 à Varsovie. Il a 40 ans. Sa vie, il la consacre sans répit aux enfants, allant même jusqu’à refuser le mariage et des descendants pour lui-même. Un engagement total dédié à une seule cause : que l’enfant soit reconnu et respecté, quelles que soient les circonstances et son appartenance religieuse. Pour Korczak, aucune différence dans cette Pologne où juifs et catholiques ne se mélangent pas !

Créateurs et animateurs d’orphelinats, il instaure dans chaque établissement, une société démocratique pour les petits pensionnaires. Elle est organisée selon les principes de justice et d’égalité en droits avec des obligations pour tous. La « République des enfants » est née. Elle possède son tribunal et son parlement. Elle connaît un véritable succès ! Et se nourrit d’expériences au fur et à mesure des années.

Le premier septembre 1939, les Allemands envahissent la Pologne. Le nazisme s’abat sur le pays. Un an plus tard, le ghetto occupe le centre de Varsovie. L’orphelinat de Janusz Korczak est déplacé derrière les hauts murs infranchissables. Le vieux docteur masque la lumière des fenêtres pour cacher la misère et la tragédie aux enfants. Le rêve doit toujours exister malgré les épreuves ! Le 5 août 1942, les déportations s’accélèrent. A bout de force, épuisé à trouver un repas quotidien pour chacun, Janusz Korczak monte avec les 150 enfants de son dernier orphelinat dans les wagons de l’Umschlagplatz. Les gamins pensent qu’ils partent en colonie de vacances. C’est le dernier cadeau du vieux docteur aux enfants. Leur éviter de penser à la mort. Ils sont tous gazés en arrivant à Treblinka !

Aujourd’hui, férus de ses écrits et pourvus de sa pratique, des enseignants et des animateurs continuent et adaptent les préceptes du vieux docteur partout dans le monde. Sans doute, ont-ils en tête l’obsession permanente de Janusz Korczak qui disait : les souffrances des petits ne sont pas des petites souffrances. Alors, aidons-les, écoutons-les.

Avec :

Halina Bortnowska, journaliste et écrivaine.

Elsa Saladin, comédienne et animatrice d’ateliers Korczak.

Gisèle Jamet, enseignante et pratiquante « korczakienne ».

Agnieszka Holland, cinéaste et scénariste.

Christiane Gayerie et ses élèves de 5ème.

Philippe Meirieu, pédagogue.

PEF, dessinateur.

Isabelle Collombat, journaliste et romancière jeunesse.

Yvette Métral, enseignante et traductrice.

Marek Michalak, défenseur polonais des droits de l’enfant.

Colette Charlet, institutrice en rééducation psychopédagogique.

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