"Lucifer au chômage" et "Les quatre murs de ma souffrance"

jeudi, 23 mai 2013 19h
La soirée autour des publications d'Alexandre Wat
Librairie Polonaise

La soirée autour de la publication de "Lucifer au chômage" à l'Âge d'Homme, et d'un recueil de poésie bilingue d'Alexandre Wat également, intitulé "Les quatre murs de ma souffrance" aux éditions de La Différence.

Lucifer au chômage

Les premières œuvres narratives d’Alexander Watt sont parmi les textes les plus intéressants artistiquement et intellectuellement parlant de la littérature polonaise de l’entre deux-deux-guerres. Sa première publication MOI d’un côté et MOI de l’autre côté de mon bichon poêle en fonte, en 1920, est considérée comme emblématique du futurisme.

« J’ai écrit le Poêle, note Wat, au cours de quatre ou cinq transes, en janvier 1919, avec 39-40° de fièvre, puis lors de nuits d’hiver, retour de soirées tsiganes excentriques, près de mon poêle en fonte. Je me suis mis en état de transe pour « libérer mes sorcières ». En drôle de Faust varsovien, à dix-huit ans, je me suis insurgé contre les livres, contre des années de vie dans les livres, je voulus « vivre ». Quelques années avant André Breton, mais sous la même inspiration freudienne, je suis arrivé à une « écriture automatique » que j’ai appelée l’auto-instantanée. »

Surtout connu en France pour son monumental Mon Siècle, livre d’un poète sur la politique, un livre qui met aux prises deux principes qui se combattent dans l’homme, celui de la parole poétique et celui du pragmatisme grégaire, Alexandre Wat est aussi l’auteur de proses narratives dont le volume de nouvelles intitulé Lucifer au chômage. Du point de vue du style, de la technique du récit ou de la composition, ces œuvres fantastiques (la destruction des tours de la finance à New York décrite en 1920 avant qu’elles ne soient effectivement construites) semblent s’opposer entre elles. Et pourtant, il s’y manifeste une étonnante continuité de thèmes, de motifs et de questions : que sont la civilisation et l’histoire, qu’est-ce qui est réalité et qu’est-ce qui est illusion ? Où y a-t-il de la substance, et qu’est-ce qui est vide ? Et surtout : unde malum ? D’où vient le mal ? Lucifer est au chômage depuis que l’humanité s’est chargée du mal.

Illustration de la couverture : Jan Lebenstein

Les quatre murs de ma souffrance

Choix, traduction du polonais de Alice Catherine Carls et présentation de Jan Zielinski.

Édition bilingue

Poésie

Aleksander Wat est adolescent quand la Pologne renaît dans les ruines de la Grande Guerre, et que la littérature s’engouffre dans la liberté, l’invention, l’avant-garde. Wat participe activement à cette renaissance. Mais la guerre qui s’abat de nouveau sur son pays et sur l’Europe va révéler le poète, ses racines, ses interrogations. Il lui faut trancher dans sa dualité : communisme ou liberté, judaïsme ou christianisme. La poésie devient sa ligne de vie, de résistance, de force. Tout l’inspire : un chant oriental, un Breughel, un ruisseau, ou la revisitation de l’Ancien Testament. Poèmes brefs, poèmes en liasses échevelées, pièces d’humour, et ces versets empreints d’une tragique sérénité. En dépit du lancinant « vacarme de ceux auxquels j’avais survécu ».

Librairie Polonaise

123, bd Saint-Germain 75006 Paris
M° Odéon/Mabillon
http://www.librairiepolonaise.com/

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