Krzysztof Warlikowski
Kabaret warszawski

du 3 avril au 4 avril 2014
Nowy Teatr, Varsovie
La Comédie de Clermont-Ferrand - Scène nationale

Dans l’ordre, et par accumulation, le mot « cabaret » désigne un débit de boisson, un lieu où se rencontrent librement artistes et gens de lettres pour boire et débattre, enfin, un établissement où l’on vient écouter des chansons satiriques et politiques. Et c’est précisément maintenant à Varsovie, dans son propre lieu, le Nowy Teatr, que Krzysztof Warlikowski a choisi de créer Kabaret Warszawski (Cabaret Varsovie), un spectacle-manifeste en forme de mise en garde. Au cœur de ce cabaret qu’il réinvente, Warlikowski inscrit la question de la liberté – et pas seulement sexuelle – dans un monde dangereux et redevenu propice à toutes les dérives. Tout est si fragile. Tout peut être brisé. Sur un même plateau au décor minimaliste, conçu par Malgorzata Szczesniak, la complice artistique de Warlikowski, deux parties. La première, librement inspirée de la pièce I Am a Camera de John van Druten, elle-même inspirée d’Adieu à Berlin de Christopher Isherwood (également à l’origine du Cabaret de Bob Fosse). La seconde, du film Shortbus, de l’américain John Mitchell Cameron. D’un côté, le KitKat Klub, un cabaret berlinois en pleine ascension du nazisme. De l’autre, le Shortbus, un cabaret new-yorkais d’avant-garde, peu après le 11 septembre 2001. Soit deux lieux de liberté, tragiquement solitaires et fragiles, face à l’histoire qui gronde et ne connaît pas la pitié. Mais Krzysztof Warlikowski ne s’en tient pas là. Il convoque le réel pour provoquer le sensible et réveiller notre pensée. Comme à son ordinaire, ce qu’il nous montre, avec la seule présence des comédiens – tous exceptionnels, tous éminemment reconnus en Pologne –, c’est un laboratoire des comportements humains, des liens qui se cherchent ou s’inventent, peau contre peau, ici et maintenant sur le plateau. Dictionnaire des peurs et des phobies, des affects et des humeurs, Cabaret Varsovie est un champ d’expérimentation. On y voit à l’œil nu ce qui attache les êtres les uns aux autres, ce qui les détruit, ce qui en eux tremble et résiste.

La Comédie de Clermont-Ferrand - Scène nationale

www.lacomediedeclermont.com

Maison de la culture

Salle Jean-Cocteau

boulevard François-Mitterrand

Infos pratiques

jeudi 3 et vendredi 4 avril à 19:30

durée non annoncée

spectacle en polonais surtitré

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